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Un programme de résistance, d'avenir et d'espoir

2011 12 programme frontdegaucheContre

L'assujettissement du politque aux puissances de l'argent,

Pour

Une économie au service de l'humain !

  L'intégralité du programme : http://www.pcf.fr/18541

29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 21:01
Aubagne, un appel de Clémentine Célarié
Chers tous,

A la veille du deuxième tour des municipales, je me permets de vous écrire pour vous alerter sur le fait que votre ville n’aurait jamais pu être ce qu’elle est aujourd’hui si elle avait été sous l’égide de partis politiques qui nous menacent par leur non humanisme, leur ignorance et leur rejet de tout ce qui est lié à l’humain.
Si nous nous fermons sur nous même et rejetons l’autre, nous mourrons, c’est très simple.
Aubagne est une ville rare, par sa douceur, son humanité, son accès à tous.
J’ai été frappée d’y voir autant de personnes en fauteuils roulants, circulant librement, comme tout le monde, dans les rues, dans les cafés. Cela paraissait normal, alors que c’est la seule ville en France qui en est à ce point de normalité de la présence de l’autre, dans sa différence.
Il ne s’agit même pas de faire de la politique, et moi je me fiche des partis, je n’ai jamais aimé les cases, mais il y a des êtres qui veulent du bien à l’humanité et d’autres pas.
Les êtres qui se battent pour Aubagne, son maire Daniel Fontaine en tête, ville ouverte au monde, et aussi son festival de cinéma qui mêle musique et cinéma et où j’ai rencontré des artistes tous plus passionnants les uns que les autres, ces êtres ont construit un combat culturel essentiel.
Peut-être êtes-vous trop habitués à la valeur de votre ville pour en apprécier les avantages si précieux, construits par vous, ensemble, tous réunis, tous côte à côte.
Il n’y a rien de plus précieux que des êtres humains de tous les mondes qui se réunissent et qui construisent, même si cela est difficile et que c’est un combat. C’est ce combat qu’il est urgent de mener, et non pas celui de nous séparer en fondant son idéologie sur la peur et le rejet de la différence.
Je veux pouvoir revenir l’année prochaine au festival d’Aubagne, dans sa beauté humaine et artistique, sa vérité, son ouverture, sa force, son talent, et je sais que cela ne sera pas possible si le vent vire dans un sens qui ne sera pas celui de l’humanité.
Clémentine Célarié
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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 16:39

Eva-Joly-copie-3.jpg

  le 14 Mai 2013

En un clic, Eva Joly tranche et dézingue

Dans un courriel à Europe Ecologie-les Verts, Eva Joly se voit comme « le punching-ball de sa propre famille », dresse un portrait de son parti et revient sur sa présence le 5 mai.

«Ce texte n’est pas une justification. Pas même une mise au point. » Eva Joly, dans son courriel interne à Europe Ecologie-les Verts (EELV), semble faire l’exact contraire. Ce coup de gueule, envoyé ce week-end, évoque sa campagne de 2012, sa place dans son parti mais aussi sa participation contestée au rassemblement pour une VIe République, le 5 mai.

« Je note au passage la grande sollicitude de ceux qui s’inquiètent hypocritement sur le mode : Eva va se faire bouffer par Mélenchon. Qu’ils disent les choses plus clairement : Eva est nulle est le fond de leur pensée. » Et d’ajouter : « Mélenchon a parlé de coup de balai, choquant les oreilles sensibles ? La belle affaire ! La vérité, c’est qu’il est en deçà de la réalité : un Karcher ne suffirait pas à décrasser le système actuel. »

La députée européenne s’inquiète par ailleurs de « certains » qui auraient déjà décidé de lui « faire payer » cette présence en l’écartant des européennes si elle décidait de se représenter. La candidate de 2012 dément au passage vouloir intégrer les rangs du Front de gauche. « EELV ? J’y suis, j’y reste »... avec toutefois une observation : le parti serait « comme en panne d’inspiration, comme si le souffle et l’esprit de renouveau des débuts avaient disparu ». Eva Joly dit refuser que le « mouvement se normalise et se dissolve dans la participation gouvernementale », avant de préciser qu’il se devait de « soutenir sans réserve » les deux ministres Verts en fonction.

Quant à sa tentative élyséenne, elle reconnaît un « échec » : « Mon impréparation, mon inexpérience, (...) ma naïveté, ma faible connaissance du jeu médiatique ont incontestablement pesé lourd. » Facteurs qui n’en faisaient peut-être pas, avoue-t-elle, « la meilleure candidate ».

Audrey Loussouarn

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 15:50

      

CULTURE -  le 28 Mars 2013

Cactus Le grain de sel de Gérard Mordillat

Le jeu du pouvoir et de la trahison . . . au Parti socialiste

* Écrivain

Comme le bac philo approche, je me permets de proposer à Vincent Peillon un sujet à soumettre aux candidats. La question est celle-ci : les socialistes (les dirigeants socialistes passés et présents, ceux qui occupent des postes gouvernementaux, pas les militants bien entendu) trahissent-ils en fonction des circonstances ou trahissent-ils par nature ? Peut-on parler d’une ontologie de la trahison socialiste ? Il sera bon d’évoquer les souvenirs douloureux du passé : 1914-1918 où, Jaurès à peine enterré, les responsables socialistes votent les crédits de la guerre, l’abandon des républicains espagnols par le gouvernement de Léon Blum, Munich, Pétain, à qui ils accordent les pleins pouvoirs, Jules Moch, qui fait tirer sur les grévistes en 1947, Guy Mollet et Mitterrand pendant la guerre d’Algérie… et de relier cette histoire à aujourd’hui. La lecture du livre récent de Bertrand Rothé, De l’abandon au mépris (Seuil), peut éclairer fortement le propos pour la période 1981-2013…

Il y a beaucoup de choses à reprocher à Nicolas Sarkozy mais il faut lui reconnaître de la constance et de l’endurance. Élu par la droite, sur un programme de droite, il n’a jamais dévié de cette perspective droitière, gouvernant à droite toute, voire à l’extrême droite, pour satisfaire les désirs et les revendications de ceux qui l’avaient élu. Sans attendre une révolution, les électeurs de François Hollande et de son gouvernement pouvaient espérer au minimum qu’ils aient la même constance et la même endurance à gouverner à gauche, voire au rose pâle, au centre gauche. Eh bien non, ils gouvernent à droite, et bien à droite ! Ils mettent cyniquement leurs pas dans les pas de leurs prédécesseurs au rythme de Tina chantant le refrain bien connu : « Il n’y a pas d’alternative ! » Sur le plan économique, c’est du pareil au même, voire du pareil au Medef ; sur le plan social, c’est la reprise d’un alexandrin goguenard de Frédéric Lordon vendu comme une vérité révélée : « La rigueur aujourd’hui, la croissance demain » ; sur le plan politique, c’est le mépris ou l’injure, critiquer les choix du gouvernement fait de vous aussitôt un « populiste », un incompétent, un irresponsable ; sur le plan démocratique, c’est « circulez, il n’y a rien à voter ! » ; sur le plan moral, c’est Iago, Manuel Valls réussissant une synthèse idéale entre Messieurs Guéant, Besson, Hortefeux, une brillante réussite digne du prix « Jules Moch » du plus grand traître à l’idéal socialiste. Philosophie ou politique, paraphrasant Jaurès, la question est désormais : « La trahison est-elle la condition suprême du pouvoir ? »

 

 

Gérard Mordillat

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 14:33

Affaire Cahuzac : "déshonorant pour la gauche"

POLITIQUE -  le 3 Avril 2013

 

Aveux de Cahuzac: "L’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes"

 

 

Dans l'édito de l'Humanité de ce mercredi, Patrick Apel-Muller rappelle à propos des aveux de Jérôme Cahuzac, concernant ses comptes cachés en Suisse et à Singapour, le mot de Paul Vaillant-Couturier: "Quand on est de gauche, il faut sans trêve aller « débusquer de son repaire cette pièce de cent sous tapie, comme le disait Balzac, au fond des consciences ».

Les flammes de la justice léchaient déjà ses pieds; Jérôme Cahuzac 
a préféré avouer après des mois 
de mensonges la main sur le cœur. 
Le scandale politique est énorme. L’homme qui tenait entre ses mains le budget de la France, qui pilotait l’administration fiscale et traquait les fraudeurs était lui-même un malfaiteur, auteur depuis plus de vingt ans d’évasions de capitaux 
et de dissimulation de ressources. Il ne s’agissait pas d’une paille… Le reliquat du compte à Singapour compte encore 600 000 euros! C’était lui pourtant le sévère censeur des dépenses publiques, l’amateur de rigueur 
et d’austérité quand elles touchent le menu peuple, l’apôtre du pacte Sarkozy-Merkel, à peine était-il emballé d’une faveur rose. On se souvient de lui docte et péremptoire faisant la leçon à Jean-Luc Mélenchon lors d’un débat télévisé. À s’en souvenir remonte irrépressiblement une mise en garde de Jaurès: 
«Ne vous guindez pas trop sur des échasses de vertu! L’équilibre est instable et les chutes douloureuses.»

Celui que déjà les courtisans au Parti socialiste désignaient comme « le meilleur d’entre nous », aura donc menti à ses collègues du gouvernement, 
au président de la République et, plus grave encore, 
à la représentation nationale. La faute est bien entendu personnelle, mais faut-il, quand même, s’être bien éloigné de la dénonciation par François Mitterrand –
il est vrai il y a plus de quarante ans, lors du congrès d’Épinay – de «l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience 
des hommes»! La faute reste personnelle, mais ce brillant chirurgien qui avait conquis à la hussarde Villeneuve-sur-Lot n’a-t-il pas jugé bien mince la transgression puisque autour de lui le profit était sanctifié et les marchés financiers portés au pinacle ? Ne se trouvait-il pas encore hier un porte-parole du groupe socialiste à l’assemblée pour rendre un hommage appuyé à la présidente du Medef pour son rôle dans l’élaboration du projet qui vise à dynamiter le code du travail ? Quand on est de gauche, il faut sans trêve aller « débusquer de son repaire cette pièce de cent sous tapie, comme le disait Balzac, au fond des consciences » 
(Paul Vaillant-Couturier).

Déjà, on entend monter la marée brune 
du « tous pourri ». Le Front national se frotte 
les mains, quand bien même celles de ses dirigeants, parmi les principaux, portent encore les traces des pots 
de confiture dans lesquelles elles ont plongé. Trop 
de ceux qui peinent à joindre les deux bouts, qui doivent choisir entre le plein d’essence et celui du frigo, 
qui se désespèrent de voir encore l’horizon de la retraite s’éloigner, seront tentés de se tourner vers ceux qui prospèrent sur le désarroi.Mais ce qui est pourri 
au royaume de France, c’est une politique impitoyable pour les pauvres et douce pour les puissants, ce sont 
les financiers aux manières de rois et les fronts prosternés devant eux, ceux des politiciens d’extrême droite notamment. Il convient au contraire de raviver 
les couleurs de la République, de donner la primauté 
aux citoyens et de prendre pour guide l’intérêt général. Face à ce scandale d’État, la justice doit aller à son terme. Le débat public aussi.

A lire dans l'Humanité de ce mercredi:

  • Cahuzac, ancien ministre et exilé fiscal, retour sur l'affaire
  • La chute consommée de l'ancien pivot de François Hollande
  • Avalanche de réactions après les aveux

Toute l'actualité sur l'Humanité.fr

Par Patrick Apel-Muller

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 22:07

 

De l’Etat : Tribune de Roland Weyl

lundi 18 mars 2013



 

La question du rapport à l’Etat est récurrente.

A l’ONU les Etats prendraient la place des peuples. Alors que selon la Charte les Etats ne sont que les moyens des peuples pour unir leurs efforts.

Quand la gestion de certains trains est renvoyée aux régions, « l’Etat se désengage ». Or les régions sont des composantes de l’Etat. Le problème est le transfert de charges sans les ressources Il y a désengagement de l’Etat avec les transferts au privé, mais pas dans les transferts internes aux institutions publiques.

Souvent les élus locaux se plaignent de leurs rapports « avec l’Etat « , alors que les collectivités auxquelles ils participent sont des instances de l’Etat, où leur rôle peut être contradictoire, mais interne à l’Etat.

Et le concept à la mode de « société civile » s’inscrit en contradiction de la « classe politique », qui fait profession de participer aux institutions de l’Etat. …....Pourtant l’épouvantail étatique est la bannière du libéralisme économique, de la privatisation et de la déréglementation.

"L’Etat ne peut être ni un ennemi ni un allié, car il n’est que l’ensemble des institutions électives ou administratives, qui ne sont que des instruments de pouvoir ; Le tout est de savoir de qui elles le sont. .

Ce que Marx dénonçait était le rôle de l’Etat comme instrument de domination de classe, et la tragédie soviétique a été de l’inverser au lieu d’appliquer le mot d’ordre de Lénine « les scviets ( les conseils élus) partout ! » et plus tard le mot d’ordre de Khrouchtchev sur « l’Etat du peuple entier »

En effet, la Démocratie, (en grec ancien « pouvoir du peuple ») est une forme d’Etat. Depuis 2 siècles le combat démocratique vise à lui donner ce contenu de souveraineté populaire, qui, au contraire du populisme, qui flatte le peuple pour qu’il abdique entre les mains d’un chef, implique des citoyens gouvernants dont les élus sont les moyens d’exercice de leur souveraineté.

L’opposition n’est donc pas entre Etat et « société civile », et donc entre le public et le privé, mais entre l’Etat instrument de pouvoir sur le peuple ou de pouvoir du peuple. .

C’est bien bien l’enjeu contemporain entre un Etat qui organise l’austérité pour payer les dettes au capitalisme mondialisé et un Etat instrument de pouvoir du peuple refusant de payer au capitalisme le prix de l’austérité.

Les principaux ministères sont ceux de la justice, de la police, de l’armée sont dit « régaliens »,c’est-à-dire « du roi ». Louis XIV disait « l’Etat, c’est moi », et comme il avait bon coeur, il faisait la charité au peuple. Un Etat « démo-cratique » doit être le moyen pour le peuple de réunir ses moyens pour satisfaire ses besoins, et les ministères « républicains » devraient d’abord être les ministères sociaux

Ce ne sreait qu’appliquer l’article 11 du Pacte des Nations Unies sur les Droits Economiques, Sociaux et Cuilturels, applicable en France depuis le 4 février 1981, qui dit que « les Etats parties au pacte reconnaissent le droit de toute personne et sa famille à un niveau de vie suffisant....et à l’amélioration constante de ses conditions de vie ».

De même au plan international, tout dépend de la capacité des peuples à imposer à leurs Etats un autre comportemet qu’au service de la finance mondiale

Cela suppose aussi d’adapter les structures de l’Etat à l’intervention citoyenne, C’est tout l’enjeu de revendication d’une 6è République."

Roland WEYL, avocat.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 17:00

2047


C'était, en bolivars venezuéliens, le montant du


salaire minimum en 2012 (environ 252 euros),


contre 100 (12 euros) en 1999 !


lorsque Hugo CHAVEZ prend la direction


du pays


 

50 vérités sur Hugo Chávez et la Révolution bolivarienne
 
            Décédé le 5 mars 2013 à l’âge de 58 ans des suites d’un cancer, le président Hugo Chávez a marqué à jamais l’histoire du Venezuela et de l'Amérique latine.
 
1. Jamais dans l’histoire de l’Amérique latine, un leader politique n’avait atteint une légitimité démocratique aussi incontestable. Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, seize élections ont eu lieu au Venezuela. Hugo Chávez en a remporté quinze, dont la dernière en date, le 7 octobre 2012. Il a toujours battu ses opposants avec un écart allant de dix à vingt points.
 
2. Toutes les instances internationales, de l’Union européenne à l’Organisation des Etats américains, en passant par l’Union des nations sud-américaines et le Centre Carter, ont été unanimes pour reconnaître la transparence des scrutins.
 
3. James Carter, ancien président des Etats-Unis, a déclaré que le système électoral vénézuélien était le « meilleur au monde ».
 
4. L’universalisation de l'accès à l’éducation élaborée depuis 1998 a eu des résultats exceptionnels. Près de 1,5 millions de Vénézuéliens ont appris à lire, écrire et compter grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I.
 
5. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela.
 
6. Le nombre d’enfants scolarisés est passé de 6 millions en 1998 à 13 millions en 2011 et le taux de scolarité dans l’enseignement primaire est désormais de 93,2%.
 
7. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. Ainsi, le taux de scolarité dans l’enseignement secondaire est passé de 53,6% en 2000 à 73,3% en 2011.
 
8. Les Missions Ribas et Sucre ont permis à des centaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. Ainsi, le nombre d’étudiants est passé de 895 000 en 2000 à 2,3 millions en 2011, avec la création de nouvelles universités.
 
9. Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézuéliens. Entre 2005 et 2012, 7 873 centres médicaux ont été créés au Venezuela.
 
10. Le nombre de médecins est passé de 20 pour 100 000 habitants en 1999 à 80 pour 100 000 habitants en 2010, soit une augmentation de 400%.
 
11. La Mission Barrio Adentro I a permis de réaliser 534 millions de consultations médicales. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées, alors qu’en 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. 1,7 millions de vies ont ainsi été sauvées entre 2003 et 2011.
 
12. Le taux de mortalité infantile est passé de 19,1 pour mille en 1999 à 10 pour mille en 2012, soit une réduction de 49%.
 
13. L'espérance de vie est passée de 72,2 ans en 1999 à 74,3 ans en 2011.
 
14. Grâce à l’Opération Milagro lancée en 2004, 1,5 millions de Vénézuéliens atteints de cataractes et autres maladies oculaires, ont retrouvé la vue.
 
15. De 1999 à 2011, le taux de pauvreté est passé de 42,8% à 26,5% et le taux de pauvreté extrême de 16,6% à 7%.
 
16. Au classement de l'Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Venezuela est passé du 83ème rang en 2000 (0,656) au 73ème rang en 2011 (0,735), intégrant ainsi la catégorie des nations à l’IDH élevé.
 
17. Le coefficient de GINI, qui permet de calculer les inégalités dans un pays, est passé de 0,46 en 1999 à 0,39 en 2011.
 
18. Selon le PNUD, le Venezuela, qui dispose du coefficient de GINI le plus bas d'’Amérique latine, est le pays de la région où il y a le moins d'’inégalités.
 
19. Le taux de malnutrition infantile a été réduit de près de 40% depuis 1999.
 
20. En 1999, 82% de la population avait accès à l’eau potable. Ils sont désormais 95%.
 
21. Durant la présidence de Chávez, les dépenses sociales ont augmenté de 60,6%.
 
22. Avant 1999, seules 387 000 personnes âgées recevaient une pension de retraite. Elles sont désormais 2,1 millions à en bénéficier.
 
23. Depuis 1999, 700 000 logements ont été construits au Venezuela.
 
24. Depuis 1999, le gouvernement a remis plus d'’un million d’hectares de terres aux peuples aborigènes du pays.
 
25. La réforme agraire a permis à des dizaines de milliers d’agriculteurs de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres ont été distribués.
 
26.  En 1999, le Venezuela produisait 51% des aliments qu’il consommait. En 2012, la production est de 71%, alors que la consommation d’aliments a augmenté de 81% depuis 1999. Si la consommation de 2012 était similaire à celle de 1999, le Venezuela produirait 140% des aliments consommés au niveau national.
 
27. Depuis 1999, le taux de calories consommées par les Vénézuéliens a augmenté de 50% grâce à la Mission Alimentation qui a créé une chaîne de distribution de 22 000 magasins alimentaires (MERCAL, Casas de Alimentación, Red PDVAL), où les produits sont subventionnés à hauteur de 30%. La consommation de viande a augmenté de 75% depuis 1999.
 
28. Cinq millions d’enfants reçoivent désormais une alimentation gratuite à travers le Programme d’alimentation scolaire. Ils étaient 250 000 en 1999.
 
29. Le taux de malnutrition est passé de 21% en 1998 à moins 3% en 2012.
 
30. Selon la FAO, le Venezuela est le pays d’Amérique latine et de la Caraïbe le plus avancé dans l’éradication de la faim.
 
31. La nationalisation de l’'entreprise pétrolière PDVSA en 2003 a permis au Venezuela de retrouver sa souveraineté énergétique.
 
32. La nationalisation des secteurs électriques et de télécommunications (CANTV et Electricidad de Caracas) ont permis de mettre fin à des situations de monopole et d'universaliser l’accès à ces services.
 
33. Depuis 1999, plus de 50 000 coopératives ont été créées dans tous les secteurs de l’économie.
 
34. Le taux de chômage est passé de 15,2% en 1998 à 6,4% en 2012, avec la création de plus de 4 millions d’emplois.
 
35. Le salaire minimum est passé de 100 bolivars (16 dollars) en 1999 à 2047,52 bolivars (330 dollars) en 2012, soit une augmentation de plus de 2000%. Il s'’agit du salaire minimum en dollars le plus élevé d'’Amérique latine.
 
36.  En 1999, 65% de la population active touchait le salaire minimum. En 2012, seuls 21,1% des travailleurs disposent de ce niveau de salaire.
 
37. Les adultes d'’un certain âge n’ayant jamais travaillé disposent d’un revenu de protection équivalant à 60% du salaire minimum.
 
38. Les femmes seules et les personnes handicapées reçoivent une allocation équivalente à 80% du salaire minimum.
 
39. Le temps de travail est passé à 6h par jour et à 36 heures hebdomadaires sans diminution de salaire.
 
40. La dette publique est passée de 45% du PIB en 1998 à 20% en 2011. Le Venezuela s’est retiré du FMI et de la Banque mondiale en remboursant par anticipation toutes ses dettes.
 
41. En 2012, le taux de croissance au Venezuela a été de 5,5%, l’un des plus élevés au monde.
 
42. Le PIB par habitant est passé de 4 100 dollars en 1999 à 10 810 dollars en 2011.
 
43. Selon le rapport annuel World Happiness de 2012, le Venezuela est le second pays le plus heureux d’'Amérique latine, derrière le Costa Rica, et le 19ème au niveau mondial, devant l'’Allemagne ou l'Espagne.
 
44. Le Venezuela offre un soutien direct au continent américain plus important que les Etats-Unis. En 2007, Chávez a alloué pas moins de 8,8 milliards de dollars en dons, financements et aide énergétique contre seulement 3 milliards pour l’administration Bush.
 
45. Pour la première fois de son histoire, le Venezuela dispose de ses propres satellites (Bolívar et Miranda) et est désormais souverain dans le domaine de la technologie spatiale. Internet et les télécommunications sont disponibles sur tout le territoire.
 
46. La création de Pétrocaribe en 2005 permet à 18 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe, soit 90 millions de personnes, d'acquérir du pétrole subventionné à hauteur de 40% à 60%, et d'assurer leur sécurité énergétique.
 
47. Le Venezuela apporte également son aide aux communautés défavorisées des Etats-Unis en lui fournissant de l’'essence à des tarifs subventionnés.
 
48. La création de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) en 2004 entre Cuba et le Venezuela a jeté les bases d’une alliance intégratrice basée sur la coopération et la réciprocité, qui regroupe huit pays membres, et qui place l'être humain au centre du projet de société, avec l'objectif de lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
 
49. Hugo Chávez est à l’origine de la création en 2011 de la Communauté des Etats d’Amérique latine et de la Caraïbe (CELAC) qui regroupe pour la première fois les 33 nations de la région, qui s’émancipent ainsi de la tutelle des Etats-Unis et du Canada.
 
50.  Hugo Chávez a joué un rôle essentiel dans le processus de paix en Colombie. Selon le président Juan Manuel Santos, « si nous avançons dans un projet solide de paix, avec des progrès clairs et concrets, des progrès jamais atteints auparavant avec les FARC, c’est également grâce au dévouement et à l'engagement de Chávez et du gouvernement du Venezuela ».
 
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l'’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l'Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
 
Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 18:44

      Honte à Libération !

Alors que "L'Humanité publie aujourd'hui en première page la belle photo couleur d'Hugo Chavez El Liberador et en dernière page les photos du peuple vénézuelien en pleurs, Libération préfère une image en noir et blanc et un commentaire plus que douteux.

Tout à fait à l'instar du Gouvernement socialiste qui n'a trouvé pour se faire représenter aux obsèques que le ministre en charge de l'outre-mer.

Yves LOURDEL

Ce jeudi dans l'Humanité, numéro spécial : Chavez, El Libertador

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:16


Cet article parle du système éducatif en Belgique, mais sur bien des aspects il est semblable au système éducatif français. Il répond aussi à mon sens à la question de savoir si les enseignants qui contestent la réforme Peillon le font par corporatisme ou pour le bien des élèves ! (note personnelle)

 

La question fera sans doute sourire les adeptes de l'école buissonnière. Et pourtant, elle est très sérieuse. Stress, exclusion, dopage... L'école serait la cause de nombreux troubles chez nos enfants. Athlète de haut niveau, Carlos Perez anime un centre sportif dans un quartier populaire de Bruxelles. Sur le terrain, il a noué des liens privilégiés avec les familles, partageant leurs préoccupations. Il a alors pu constater que l'école était devenue un facteur déterminant dans les troubles qui frappaient les enfants. Carlos Perez a tiré un livre de cette expérience, L'enfance sous pression, qui vient d'être réédité. Il revient pour nous sur les problèmes qui traversent le système éducatif.

 

 
Dans votre ouvrage "L'enfance sous pression" vous pointez du doigt la productivité obsessionnelle qu'on impose à l'enfant. Les méthodes de l'entreprise et leurs objectifs de rendement se sont-ils immiscés dans le système éducatif ?
Effectivement, les méthodes industrielles ont été incorporées à l'école, avec les mêmes causes et les mêmes effets. On y retrouve donc ces trois piliers propres au monde de l'entreprise : concurrence, restructuration et compétitivité. Cela se traduit dans le cadre scolaire par les filières de tri et de relégation. Et ce n'est pas sans danger. L'OCDE indique que dans l'industrie, on dénombre 360 millions de dépressifs qui prennent des neuroleptiques. Malheureusement, l'école suit la même tendance.

Vous dîtes que notre système éducatif fait tout pour améliorer le rendement. Pourtant, les professeurs et les parents se plaignent que les élèves font de plus en plus de fautes d'orthographe. Ne pensez-vous pas que, paradoxalement, le niveau baisse ?
Je ne suis pas du tout d'accord avec ce constat. Plusieurs spécialistes se sont penchés sur la question et ont conclu que malgré certaines idées reçues, le niveau ne baissait, bien du contraire. Les enfants d'aujourd'hui ont développé d'importantes capacités d'adaptation à l'environnement dans lequel ils évoluent. Ils maîtrisent de plus en plus tôt toutes les nouvelles technologies. Le problème est qu'il y a tellement d'outils différents que les enfants doivent être très flexibles. Il est difficile de s'adapter à tout.

C'est donc la grille d'évaluation qui n'est pas bonne lorsqu'on pense que le niveau baisse ?
Forcément, si on prend une grille d'évaluation qui date de deux siècles, l'orthographe sera le facteur le plus déterminant. Mais les enfants d'aujourd'hui, s'ils ont une moins bonne orthographe, ont une meilleure conscience du texte, un meilleur esprit de synthèse, etc. Il ne faut pas oublier non plus qu'autrefois, seule l'élite avait accès à l'école. Aujourd'hui, elle est ouverte aux masses. Donc, les évaluations ne sont pas stables, elles changent tout le temps. Le niveau ne baisse pas ou n'augmente pas, il évolue.

Comment le modèle compétitif de l'industrie s'est-il installé dans les écoles ?
Par des réformes successives. On s'est attaqué au socle de base de l'école en réformant la pédagogie par objectifs et par compétences. La compétence est un élément typique de l'industrie. On s'en sert pour améliorer la production de chaque ouvrier. Ce modèle basé sur la compétence a d'abord été incorporé dans l'enseignement technique et professionnel puis en humanité. Il est ensuite passé dans le primaire jusqu'à s'immiscer dans les écoles maternelles.
Les Etats-Unis ont démarré cette logique en lançant une grande réforme baptisée "Le pays en danger" dans les années 80. Elle consistait à relever le niveau de l'enseignement qu'on estimait en baisse. Il fallait figurer parmi les premiers au niveau mondial. Dans ce cadre-là, les méthodes utilisées avaient pour seul but d'augmenter la productivité sans pour autant augmenter les budgets.
 

Et comment se traduit concrètement cette volonté d'être plus productif ? On donne plus de devoirs aux élèves, ils doivent apprendre plus de matières ?
Le programme scolaire est plus lourd effectivement. Mais à côté de ça, il y a moins de professeurs, moins de moyens et plus d'élèves par classe. Comme dans l'entreprise, il faut être hyper-productif mais aux moindres coûts. Si bien que ce système génère un stress important chez les enfants. Et pour beaucoup de professeurs, ce n'est pas évident non plus. Je me suis rendu compte de cette situation lorsque les parents du quartier venaient me trouver pour parler des difficultés qu'ils rencontraient avec leurs enfants. On retrouvait les mêmes troubles pour tous. De là, mon analyse s'est portée sur l'école et ses dysfonctionnements. C'est le premier déterminant pour les enfants. C'est l'endroit où ils passent le plus de temps.

L'OCDE a dressé un classement des pays avec les meilleurs systèmes d'éducation. Vous avez observé qu'hormis la Finlande, les pays qui arrivent en tête de ce classement sont aussi ceux où les enfants consomment le plus de Rilatine, un psychostimulant qu'on administre aux enfants hyperactifs mais qui feraient des ravages. L'armée US refuse d'ailleurs d'enrôler des jeunes qui ont subi ce traitement durant l'enfance. Est-on en train de doper nos enfants pour qu'ils soient plus compétitifs ?
Oui, on assiste à un dopage généralisé. A part la Finlande, les dix premiers pays de ce classement PISA sont ceux où il y a le plus de problèmes de santé, de dépressions mentales et de suicides chez les jeunes. Ce classement a jeté les bases d'une compétition internationale acharnée entre les écoles. C'est comme ISO 2000 pour les entreprises, c'est un baromètre de la compétitivité.

Quels critères sont pris en compte pour ce classement ?
Il peut y avoir des critères valables mais j'y vois deux grands problèmes. Tout d'abord, la finalité productiviste du classement : il faut rehausser le niveau dans le cadre d'une compétition. Ensuite, il y a un critère fondamental qui n'apparaît nulle part dans le classement PISA : la santé de l'enfant. A mes yeux, l'enquête perd ainsi directement de sa valeur. Il y a juste cette obsession du niveau. Jusqu'où va-t-on l'augmenter ? Dans quel but ? Est-ce utile à l'élève ou à la réputation de l'école ?

Il semble que les écoles sont de moins en moins des lieux d'éducation visant à donner aux enfants les outils nécessaires pour se débrouiller dans la vie. Mais plutôt des ateliers où l'on forme la future main-d'œuvre des entreprises.
En effet, nous vivons dans une méritocratie utilitariste. L'école d'aujourd'hui sert à ce qu'on soit employable tout simplement. Mais ce ne sont pas les valeurs premières de l'enseignement. Ce problème de formatage inquiète à juste titre les progressistes. Toutefois, il ne faut pas s'enfermer dedans non plus. La question de la santé ne doit pas devenir secondaire. En tant que sportif au contact des parents et des enfants, je peux vous dire que ce sont deux problèmes liés. La santé doit devenir une référence au sein de l'école.
 

Justement, vous qui êtes sur le terrain et qui avez un contact privilégié avec les familles, pouvez-vous nous dire comment les parents perçoivent la situation ?
Naturellement, les parents s'inquiètent de l'avenir de leur enfant. La plupart souhaite que l'enfant aille le plus loin et le plus haut possible dans le cadre scolaire car on nous promet que c'est l'outil indispensable pour s'émanciper. Les parents sont donc pris dans un engrenage, ils n'ont pas le choix et doivent subir ce rouleau-compresseur qu'est le système éducatif.

Sentent-ils le malaise de leur enfant ?
C'est terrible... Bien évidemment, ils le ressentent. Ce sont eux qui récupèrent l'enfant après l'école. Ils sentent le décrochage et le prennent de plein fouet. Ils le vivent comme un traumatisme. Ils savent que s'ils ne réussissent pas, leur enfant ne trouvera pas sa place dans la société. Je l'ai vécu, mon père l'a vécu et mon fils est en train de le vivre. Comment ne pas mal le vivre ?
Il faut arrêter de marginaliser les individus d'un système. Il faut les rendre utiles à la société et non les jeter comme des bons à rien. On avait catalogué mon fils comme hyperactif. Il a été éjecté progressivement du système éducatif. On a voulu lui donner de la Rilatine et on nous a proposé toutes sortes de solutions qui n'avaient aucun lien avec l'enseignement. C'est une constante dans le système éducatif : quand il y a un problème, on l'externalise. Le problème vient nécessairement de l'enfant, de son environnement ou de ses proches. C'est triste. Aujourd'hui, l'enseignement est comme un train. Si on n'arrive pas à monter dans le wagon, on reste sur le quai. L'enseignement n'a pas le temps.

Dans votre livre, vous parlez aussi de certains pays scandinaves où la situation de l'enseignement est meilleure. Pourquoi la Belgique n'adopte pas les mêmes méthodes ?
Parce qu'on a peur. On n'ose pas réformer toute l'institution, alors on vient avec des petites réformes cosmétiques qui ne règlent pas le fond du problème.

Au cœur des dernières réformes entreprises, il y a l'enjeu de la mixité sociale sur lequel les ministres butent régulièrement. Les parents obligés de camper devant des écoles les veilles d'inscriptions peuvent en témoigner. Comment expliquez-vous cet échec ?
Les ministres butent et buteront encore dans cinq ou dix ans tout comme les Etats-Unis ont buté ces cinquante dernières années. Car ils n'entreprennent que des réformes périphériques à l'enseignement. Ce n'est pas en mélangeant les pauvres et les riches dans un même sac qu'on règlera le problème de la discrimination. La mixité sociale est un leurre, il faut aller au fond des choses, s'attaquer aux véritables raisons de l'inégalité. Il faudrait aussi une déségrégation de l'espace urbain pour que l'école puisse fonctionner correctement. On ne peut pas séparer systématiquement l'école de la société.
De plus, ces réformes sur la mixité sociale sont lâches car elles tendent à culpabiliser les classes moyennes. Je ne veux pas porter un jugement sur ces parents qui ne veulent pas mettre leur enfant dans une "école à problèmes". Les écoles peuvent être à discrimination positive mais il faut dès lors mettre les moyens nécessaires pour que ça réussisse. Il peut y avoir un professeur d'origine marocaine avec dix élèves d'origine marocaine, il n'y a aucune raison qu'ils ne réussissent pas à partir du moment où il y a une pédagogie non-discriminante.

Quelle alternative à ce marché scolaire ?
Il faut régler le problème de l'intérieur en éliminant le tri, la sélection et la relégation, le redoublement, les classes de niveau, les conseils de classe qui se travestissent en conseils d'orientation, les notations... Il faut bien comprendre qu'on ne trie pas les enfants. Et pourtant, l'enseignement d'aujourd'hui est un génocide pédagogique. Nous avons besoin d'un changement radical comme celui nécessaire pour éliminer le racisme aujourd'hui et comme celui qui est venu à bout de l'esclavagisme hier.

Quels moyens pourrait-on mettre en place concrètement ?
Il faut une école formative, pédagogique. Les élèves doivent pouvoir travailler par quatre ou cinq en ateliers réduits avec ces mêmes méthodologies que j'ai pu observer en Finlande. Là-bas, les jeunes communiquent entre eux. Ici, les classes sont cloisonnées et l'élève cantonné à son pupitre. Le professeur aussi est cloisonné. Il n'y a pas non plus de véritable courroie de transmission entre l'enseignant et les parents. A Cuba par exemple, il y a un lien très fort entre l'enfant et le professeur qui suit ses élèves du primaire jusqu'au secondaire. En outre, il connait bien les parents.
Il faut aussi une école de production intégrale où le sport et la culture font partie intégrante du programme. Aujourd'hui, on éjecte toutes ces activités qui peuvent faire aimer l'école à l'enfant et qui sont importantes pour son développement. Evidemment, cela demande des moyens. Mais c'est une vision de la société. Soit elle est au service de l'humain, soit elle est au service de l'économie.

A propos des deux pays que vous citez en exemple, la Finlande et Cuba, les moyens mis à disposition de l'éducation y sont plus importants ?
A Cuba, les ressources humaines, ou forces sociales comme on les appelle, sont bien plus nombreuses qu'ici en Belgique. Ces pays ont mis en place une coopération qui vient tant de l'extérieur que de l'intérieur. Bien sûr, pour que la coopération de l'extérieur opère, il faut le soutien des familles. Or, en Belgique, la fracture entre les familles d'un côté et l'école de l'autre se ressent fortement dans certains milieux. Des parents ont peur de l'école car ils ont peur de l'échec. 

Vous avez mis sur pied un projet d'émancipation par le sport. Pouvez-vous nous expliquer ce concept ?
Cela va faire trente ans que nous avons créé le centre sportif Fire Gym. Au début, il était assez spécialisé sur les athlètes de haut niveau. Il l'est toujours, de nombreux champions passent par chez nous comme Lorenzo Javier, champion du monde de kickboxing des poids-lourds ou Sabatin Derebey, triple champion du monde de Jiu Jitsu brésilien. La liste est longue.
Mais peu de temps après la création du centre, nous avons eu beaucoup de demandes dans le quartier pour organiser des activités avec les jeunes. Des liens particuliers se sont tissés et j'ai pu constater des troubles récurrents. De là nous avons développé une analyse des problèmes de santé liés au système éducatif. Et nous avons entrepris beaucoup d'actions pour soutenir notre combat pour le bien-être des enfants.

Quel genre d'actions avez-vous mené ?
Pour les chèques sport par exemple. C'était une aide financière de l'Etat pour promouvoir le sport mais qui a été supprimée. Pour les maintenir, nous avons lancé une campagne dans les médias et organisé plusieurs manifestations. Nous n'avons pas vraiment eu gain de cause mais nous sommes quand même parvenus à faire passer l'aide financière pour le sport par les CPAS (Centre Public d'Aide Sociale).
Nous avons aussi créé une association, "Les parents luttant contre l'échec scolaire et le décrochage scolaire" qui a été fort médiatisée. Nous avons notamment fait venir au parlement Claude Anttila, une experte du ministère de l'Education finlandais. Elle nous a permis de faire connaitre les bienfaits du système éducatif dans son pays. Toujours contre le décrochage scolaire, nous avons organisé une marche avec 500 enfants à Bruxelles.
Bref, Fire Gym est parvenu à se faire une place dans l'agenda politique. Nous avons ainsi obtenu pour les parents un droit de regard sur les copies d'examens de leurs enfants. Nous avons aussi contribué à ce que les enfants dyslexiques puissent être accompagnés.

Fire Gym a trente ans aujourd'hui. Comment voyez-vous les choses pour la suite ?
Nous allons continuer à taper sur le même clou. Nous restons convaincus que l'enseignement n'a pas besoin de réformes mais de révolutions. Notre prochaine étape est de faire adopter le mi-temps pédagogique. Le matin est ainsi consacré à l'apprentissage des matières scientifiques mais l'après-midi se fait sans cartable. L'objectif est de réinstaurer sérieusement les activités culturelles et sportives à l'école.

C'est déjà le cas dans certains pays comme l'Allemagne, non ?
Ce n'est pas un très bon exemple car le sport y est externalisé. Les élèves peuvent exercer une activité mais à eux de choisir le sport et le club. C'est donc compliqué pour les parents qui doivent aller chercher leurs enfants pour les conduire ensuite au sport. Je pense plutôt que le sport doit faire partie intégrante du système pédagogique. Des entraîneurs comme moi devraient faire partie de l'Education.

Vous avez été deux fois vice-champion d'Europe de culturisme. Aujourd'hui vous entraînez des athlètes de haut niveau. Qu'est-ce qui a amené le grand sportif que vous êtes à s'engager dans ce combat pour une école plus saine et plus juste ?
L'exclusion. L'exclusion que j'ai subie, que mes parents ont subie et que mon fils a subie. Il y a dans notre société une tendance macabre à hiérarchiser les êtres humains et à exclure ceux qui ne conviennent pas. On les exclut de l'école, du travail, etc.

Sur base de quels critères ?
Mes parents manquaient d'outils pour pouvoir réussir quand ils sont arrivés ici. Sur les plans politique, professionnel, éducatif... Même pour le logement. Ils nous manquaient beaucoup de choses quand j'étais petit. Et c'était comme ça pour toute la classe ouvrière.
Puis, avec mes frères et sœurs, nous avons pu nous-mêmes goûter très tôt à cette dure réalité en étant relégués dans le professionnel à l'école et en commençant à travailler à 14 ans. Quand tu vois par la suite que les choses commencent à se reproduire avec tes enfants, tu te poses des questions et tu as envie de faire quelque chose. Donc, soit tu essaies de t'en sortir individuellement, soit tu essaies de trouver des solutions plus politiques, de manière collective. C'est la deuxième voie que j'ai choisie. Le fait d'avoir un centre comme Fire Gym m'a permis de rencontrer d'autres gens, de partager nos problèmes. Et très vite s'est posée la question de l'école, le plus grand déterminant dans la vie des enfants et la première source de préoccupations pour les enfants.

Et quelle aide apporte le sport dans tout ça ?
Le sport en soi ne permet pas de lutter contre l'exclusion. Mais c'est un moyen pour les jeunes de créer des liens sociaux. Ca débouche sur un travail et une réflexion collectifs qui peuvent être à la base de combats politiques pour l'émancipation.
 
Dessins : Titom

 

 
Carlos Perez, L'enfance sous pression, Editions Aden

 

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 21:34

 

 

AFFAIRE FINDUS :

"LE MAL VIENT A CHEVAL ET LE BONHEUR A PIED"

 

En apprenant vendredi dernier que de la viande de cheval avait été retrouvée dans de la viande bœuf composant certains produits transformés distribués par la marque Findus, beaucoup de nos concitoyens ont fait un constat édifiant : l’origine des ingrédients alimentaires de la plupart des produits transformés est tout simplement inconnue. Sans doute ont-ils découvert aussi les circuits de commercialisation de la viande, et en particulier du « minerai », ces parties les moins nobles utilisées le plus souvent hachées. L’itinérance entre le producteur et le consommateur est révélatrice du système : abattoirs, deux « traders », le premier chypriote et l’autre néerlandais, une société commerciale française, une usine industrielle alimentaire, des marques généralistes, et la grande distribution. Si la traçabilité peut permettre d’identifier tout ce beau monde, de six nationalités différentes, force est de constater que cela fait beaucoup du pré jusqu’à l’assiette.

Depuis vendredi, l’expertise médiatique fait ainsi mine de découvrir tour à tour une supercherie commerciale, un système d’importation défaillant, une sous-traitance en cascade, sans réellement dénoncer les causes de cette opacité. Le problème est en effet autrement plus profond qu’une simple escroquerie qui consiste à faire passer des morceaux de cheval dans de la viande de bœuf transformée. En réalité, nous touchons aujourd’hui les fruits de trop nombreuses années de renoncements politiques : abandon de la régulation des échanges agricoles, dérèglementation des échanges internationaux et des politiques commerciales de l’agroalimentaire et de la distribution, coupes sombres dans les budgets et les moyens humains affectés à la sécurité sanitaire de l’alimentation et dans la répression des fraudes...

L’image était d’ailleurs saisissante, de voir sur les plateaux de télévision, dès le lendemain de l’annonce de cette affaire, d’anciens ministres de l’Agriculture déplorer l’absence de règles contraignantes et de contrôles stricts sur les importations, ou de normes sur l’étiquetage de l’origine. Autant de sujets qu’ils n’ignoraient pourtant pas lorsqu’ils étaient en fonction ! Me reviennent d’ailleurs en mémoire les échanges avec l’ancienne majorité, notamment en octobre 2011, lors de l’examen du projet de loi « visant à renforcer les droits, la protection et l’information des consommateurs », quand je défendais un amendement visant à rendre obligatoire l’indication du pays d’origine pour les produits agricoles et alimentaires et les produits de la mer, à l’état brut ou transformé. Un amendement rejeté, une fois encore, sous prétexte qu’il était incompatible avec le droit communautaire. Pourtant, l’article 3 de la loi du 27 juillet 2010 de modernisation de l’agriculture et de la pêche prévoyait déjà de pouvoir rendre obligatoire l’indication du pays d’origine des produits alimentaires à l’état brut ou transformé, mais le décret d’application n’est jamais paru.

Et quelle hypocrisie, lorsque l’on oublie sciemment de revenir sur les suppressions d’emploi massives de la Révision Générale Politiques Publiques (RGPP) à la Direction Générale de Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), ou sur les coupes successives dans les moyens consacrés à la sécurité de l’alimentation dans les budgets de l’agriculture ! Dès mars 2008, j’avais dénoncé par une question écrite le non remplacement des départs à la retraite des agents de la santé publique vétérinaire. J’avais renouvelé mes interpellations au ministre à deux reprises, en janvier 2009, puis en août 2009, en pointant les risques que ces choix politiques faisaient peser en matière de sécurité sanitaire des aliments, avec « l’affaiblissement sans précédent du dispositif de contrôle sanitaire français ». Le Syndicat National des Inspecteurs en Santé Publique Vétérinaire (SNISPV) dénonçait d’ailleurs « l’évolution prévisionnelle des effectifs qui fait apparaître une diminution vertigineuse des effectifs consacrés à la protection du consommateur » et le fait que cette « diminution des effectifs se fait de manière aveugle, sans aucune priorité reconnue pour le service public en charge de la maîtrise des risques sanitaires ». Au final, les inspecteurs vétérinaires affectés au contrôle de l’alimentation sont passés de 5200 en 2007 à 4579 aujourd’hui. « S’il y a un ménage à faire », comme l’affirme Stéphane Le Foll, nouveau ministre de l’Agriculture, il y a sans doute aussi des moyens à recouvrer pour le service public dans ce domaine.

Mais nous touchons surtout, avec cette nouvelle « affaire », le cœur de la problématique agricole européenne et mondiale. Continuons-nous sur la voie d’une agriculture laissée aux arbitrages des marchés, totalement libéralisée, où les produits alimentaires deviennent des marchandises comme les autres, sujets à toutes les manipulations commerciales et spéculations financières ? Le marché des matières premières agricoles est le nouveau champ des pratiques prédatrices des spéculateurs : de 15 milliards de dollars en 2003 à 200 milliards de dollars en 2008. De même, allons-nous laisser notre politique de l’alimentation, aux mains du secteur agroalimentaire et de celui de la grande distribution, guidés tous deux par les logiques de rentabilité, où les stratégies de marges conduisent à abandonner les productions locales, nationales, voire européennes, au profit d’importations massives ?

Nous le voyons avec ce « cheval de discorde », il est grand temps d’agir pour un nouveau modèle agricole européen. Ce n’est pourtant pas la voie que semblent choisir les chefs d’Etat et de gouvernement européens lorsqu’ils s’accordent sur un budget européen au rabais, avec des coupes sombres pour la PAC 2014-2020. Au contraire, il faut faire preuve de volonté pour porter une réorientation de notre modèle agricole et alimentaire vers des productions relocalisées, pour une présence agricole forte sur tous nos territoires, avec des exploitations à taille humaine, fournissant l’essentiel des besoins alimentaires des Européens en quantité et en qualité. L’obligation de la mention de l’origine de l’ensemble des produits agricoles dans les produits alimentaires transformés est un premier pas que nous continuerons de pousser avec le dépôt d’une nouvelle proposition de loi des députés du Front de Gauche dans les jours qui viennent. Il faut aussi faire preuve de courage politique pour bannir les intermédiaires inutiles et les financiers des circuits agricoles. C’est l’objet de l’amendement n°112 que nous venons de déposer sur le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires.

« Le mal vient à cheval et le bonheur à pied. » Ce proverbe n’aura jamais aussi bien matérialisé le sens du nouveau défi agricole et alimentaire qui s’impose à l’Europe aujourd’hui. Mais, là-aussi, les petits pas gouvernementaux ne suffiront pas.

Mardi, 12 février 2013

 

 Le PCF dépose une proposition de loi et exige une commission d'enquête

 

Le scandale alimentaire de plats surgelés s'invite à la table au moment où l'Union Européenne saborde son budget en direction de la Politique Agricole Commune et l'aide aux plus démunis !

Alors que les ministres de la Consommation, de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire reçoivent les professionnels de la filière viande, la responsabilité de telles pratiques incombe aux gouvernements successifs qui, depuis plusieurs décennies, se sont refusés d'encadrer les marges et pratiques de la grande distribution, chaînes de restauration et transformateurs.
Faire mine de découvrir ces agissements est malhonnête, alors que les organisations paysannes, salariés, consommateurs, revendiquent relocalisations, traçabilité et qualité. Paysans et salariés en font une exigence à même de garantir la rémunération de leur travail.
Il est temps de stopper la double peine alimentaire des familles modestes condamnées à se nourrir à bas prix et sans garanties.

Il n'est pas trop tard pour que la gauche s'engage à garantir à tous une alimentation saine et accessible.
Le PCF condamne ses insupportables pratiques et demande que clarté et justice soient faites.

Seule une ambitieuse politique agricole et alimentaire européenne serait gage de sécurité et qualité. Les parlementaires communistes et du Front de gauche déposeront une proposition de loi en faveur de l'indication géographique obligatoire des produits transformés et demanderont l'ouverture d'une commission d'enquête.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 17:06

 

 J’ai pris la parole le 29 janvier dernier à Paris, au rassemblement des agents de la Banque de France, qui manifestaient pour dénoncer le nouveau projet de « modernisation » présenté par le Gouverneur de la Banque de France. Ce projet poursuit deux objectifs : la recherche de « gains de productivité », avec la suppression de 2500 emplois, et la poursuite d’un plan d’adaptation des implantations territoriales (PAIT), engagé en 2003, remettant en cause les implantations à l’intérieur des départements, ainsi qu’un grand nombre des 71 caisses au service de l’entretien et de la circulation de la monnaie fiduciaire.

 Arc-bouté sur un schéma de libéralisation, le Gouverneur avait renouvelé il y a quelques semaines sa présentation de la réforme de la Banque devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale. Cette réforme traduit une stratégie de repli de la Banque. Elle réaffirme l’application de la règle de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, héritée de la droite au pouvoir. La réduction drastique des effectifs sert ensuite d’argument pour justifier la fermeture d’implantations sur les bassins de vie, au contact direct avec les usagers.

 Dans un contexte de crise économique et sociale, où les pouvoirs publics, les entreprises et les ménages ont plus que jamais besoin du service de cette institution, cette vision dogmatique est contraire à l’efficacité de l’économie nationale et locale. La Banque de France, c’est bien sûr d’abord un garant de la sécurité de la monnaie et de la gratuité de son usage par le public. Le choix de la réforme, c’est de se désengager à terme de 50 % de l’entretien de la monnaie fiduciaire au profit d’opérateurs privés. Mais la Banque de France, c’est aussi un outil essentiel pour connaître les entreprises et évaluer leurs difficultés. Elle est ainsi un appui essentiel pour les collectivités territoriales et leur apporte des éléments essentiels à la prise de décision. Elle est de plus un acteur déterminant pour la supervision des banques, des assurances et des mutuelles. Elle est enfin devenue un acteur essentiel dans les relations entre les particuliers et le système bancaire, avec une mission déterminante en terme de médiation et de gestion du surendettement des ménages.

 Comment comprendre un tel projet de sape dans le contexte que nous vivons, si ce n’est pour donner de nouveaux gages au secteur privé et aux financiers ?

 Au contraire, les moyens de la Banque de France devraient lui permettre de renforcer ses actions pour répondre aux besoins des acteurs économiques et sociaux, pour soutenir l’économie réelle et participer pleinement aux objectifs de redressement du pays. Mais une Banque de France mobilisée pour sortir le pays de l’ornière de la finance mondialisée suppose une présence renforcée sur tous les bassins d’emploi et les territoires en crise, pour accueillir les usagers, construire un dialogue permanent avec les acteurs économiques et sociaux. C’est autour de cette vision d’avenir que l’ensemble des organisations syndicales représentatives de la Banque de France ont travaillé à un « projet pour une Banque de France à l’horizon 2020 ». Tout le contraire d’une concentration aveugle, laissant le champ libre aux intérêts particuliers. Leurs 46 propositions concrètes méritent une véritable considération par toutes celles et tous ceux qui veulent redresser le pays. Les parlementaires du Front de Gauche en sont.

 

 

Chronique publiée dans le journal La Terre. 

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