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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 22:07

 

De l’Etat : Tribune de Roland Weyl

lundi 18 mars 2013



 

La question du rapport à l’Etat est récurrente.

A l’ONU les Etats prendraient la place des peuples. Alors que selon la Charte les Etats ne sont que les moyens des peuples pour unir leurs efforts.

Quand la gestion de certains trains est renvoyée aux régions, « l’Etat se désengage ». Or les régions sont des composantes de l’Etat. Le problème est le transfert de charges sans les ressources Il y a désengagement de l’Etat avec les transferts au privé, mais pas dans les transferts internes aux institutions publiques.

Souvent les élus locaux se plaignent de leurs rapports « avec l’Etat « , alors que les collectivités auxquelles ils participent sont des instances de l’Etat, où leur rôle peut être contradictoire, mais interne à l’Etat.

Et le concept à la mode de « société civile » s’inscrit en contradiction de la « classe politique », qui fait profession de participer aux institutions de l’Etat. …....Pourtant l’épouvantail étatique est la bannière du libéralisme économique, de la privatisation et de la déréglementation.

"L’Etat ne peut être ni un ennemi ni un allié, car il n’est que l’ensemble des institutions électives ou administratives, qui ne sont que des instruments de pouvoir ; Le tout est de savoir de qui elles le sont. .

Ce que Marx dénonçait était le rôle de l’Etat comme instrument de domination de classe, et la tragédie soviétique a été de l’inverser au lieu d’appliquer le mot d’ordre de Lénine « les scviets ( les conseils élus) partout ! » et plus tard le mot d’ordre de Khrouchtchev sur « l’Etat du peuple entier »

En effet, la Démocratie, (en grec ancien « pouvoir du peuple ») est une forme d’Etat. Depuis 2 siècles le combat démocratique vise à lui donner ce contenu de souveraineté populaire, qui, au contraire du populisme, qui flatte le peuple pour qu’il abdique entre les mains d’un chef, implique des citoyens gouvernants dont les élus sont les moyens d’exercice de leur souveraineté.

L’opposition n’est donc pas entre Etat et « société civile », et donc entre le public et le privé, mais entre l’Etat instrument de pouvoir sur le peuple ou de pouvoir du peuple. .

C’est bien bien l’enjeu contemporain entre un Etat qui organise l’austérité pour payer les dettes au capitalisme mondialisé et un Etat instrument de pouvoir du peuple refusant de payer au capitalisme le prix de l’austérité.

Les principaux ministères sont ceux de la justice, de la police, de l’armée sont dit « régaliens »,c’est-à-dire « du roi ». Louis XIV disait « l’Etat, c’est moi », et comme il avait bon coeur, il faisait la charité au peuple. Un Etat « démo-cratique » doit être le moyen pour le peuple de réunir ses moyens pour satisfaire ses besoins, et les ministères « républicains » devraient d’abord être les ministères sociaux

Ce ne sreait qu’appliquer l’article 11 du Pacte des Nations Unies sur les Droits Economiques, Sociaux et Cuilturels, applicable en France depuis le 4 février 1981, qui dit que « les Etats parties au pacte reconnaissent le droit de toute personne et sa famille à un niveau de vie suffisant....et à l’amélioration constante de ses conditions de vie ».

De même au plan international, tout dépend de la capacité des peuples à imposer à leurs Etats un autre comportemet qu’au service de la finance mondiale

Cela suppose aussi d’adapter les structures de l’Etat à l’intervention citoyenne, C’est tout l’enjeu de revendication d’une 6è République."

Roland WEYL, avocat.

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