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Blog des candidats du Front de Gauche pour les Législatives 2012 4ème circonscription ( Cantons de Cernay, Ensisheim, Masevaux, Saint-Amarin, Soultz et Thann.

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Renforcer le pouvoir des salariés, une nécessité!


Une manœuvre patronale déjouée dans les Vosges

 

Le tribunal de commerce d’Épinal doit décider du sort de la Cimest et de ses 101 emplois. Hier, les salariés en lutte dans la vallée de la Haute-Moselle ont marqué des points.

Épinal (Vosges), envoyé spécial. Après avoir asséché son carnet de commandes, détourné les clients vers ses autres sites et orchestré la présentation d’une défaillance économique localisée, le groupe français Plastivaloire (3 600 salariés), aux résultats bénéficiaires, peut-il conduire dans le mur de la liquidation judiciaire son usine de ­Rupt-sur-Moselle (Vosges), la Cimest (101 salariés), en transférant à la collectivité la charge du désastre social ?

Sans la vigilance des ­ouvriers, tout aurait sans doute été plié en dix jours : une ­petite liasse de documents avec un solde négatif, une justice peu regardante, et l’usine ­vosgienne aurait pu être placée en redressement judiciaire ! Mais non, hier, après deux premiers rendez-vous en mai au tribunal de commerce d’Épinal, après le succès de la mobilisation générale, ­vendredi, dans la vallée de la Haute-Moselle (lire l’Humanité du 18 juin), les salariés de l’équipementier automobile, défendus par Me Ralph Blindauer et Me Florent Kahn, soutenus par leurs copains de TRW eux aussi menacés, paraissent plus que jamais à deux doigts de faire reculer leurs dirigeants…

Le cas est exemplaire et on le mesure bien quand, à l’issue d’une audience de plus de deux heures à huis clos, Étienne Manteau, procureur de la ­République à Épinal, s’avance vers la presse pour expliquer publiquement ses réquisitions. « C’est une situation emblématique, explique-t-il. L’usine ­Cimest est un établissement sans autonomie. C’est Plastivaloire qui gère cette entreprise : toutes les commandes passent par le groupe… Et dès lors, c’est au niveau du groupe que l’état de cessation de paiements doit s’analyser ; or, le groupe est bénéficiaire et il ne peut y avoir cessation de paiements ! » Quelques minutes plus tard, devant une centaine de salariés, Thierry Bardin, délégué CGT, a du mal à cacher sa joie : « On peut être très confiants aujourd’hui parce que le parquet considère qu’on ne peut pas nous condamner sans prendre en compte la situation globale de Plastivaloire. » Me Ralph Blindauer insiste : « Vous êtes probablement en train d’écrire une page d’histoire contre les manœuvres grossières du patronat ! Ce qui se passe ici va probablement provoquer un changement législatif pour tous : il faut une loi qui empêche un groupe de déposer le bilan d’une filiale à laquelle il a coupé le robinet. » La balle est dans le camp du tribunal de commerce d’Épinal, le délibéré ayant été fixé au 22 juin.

Thomas Lemahieu (L'Humanité du 20 juin 2012)

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