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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 00:09

La FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes) analyse le nouveau dispositif "une garantie jeune" présenté par le Premier Ministre dans le cadre de la conférence contre la pauvreté.

Elle regrette qu'il ne s'inscrive pas dans une logique durable et structurée, après consultation des organisations de jeunesse. Elle fait des propositions .....


Conférence contre la pauvreté : 
pas de réponse à la précarité des jeunes

Mardi 11 décembre, le Premier Ministre s’est exprimé dans le cadre de la conférence contre la pauvreté et a notamment évoqué la croissance dramatique de la précarité des jeunes. Le gouvernement a présenté lors de cette conférence un nouveau dispositif, une “garantie jeune”.

Inspiré du CIVIS (Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale), ce dispositif apportera une aide aux jeunes de 18 à 25 ans, sans emploi ni formation et en situation de grande précarité. Cette “garantie” sera proposée dans un premier temps sur 10 territoires à travers un contrat individuel avec Pôle emploi, assorti d’une allocation correspondant au RSA (Revenu de Solidarité Active).

La FAGE, organisation de jeunesse, découvre cette nouvelle esquisse de projet avec étonnement et inquiétude. Si elle comprend l’urgence de la situation et la volonté du gouvernement de se montrer actif contre la précarité,la FAGE ne peut que regretter cette annonce qui ne s’inscrit pas dans une logique durable et structurée. Une cohérence entre l’ensemble des politiques de jeunesse doit être trouvée et il est urgent que cessent les annonces éphémères. En effet, dans le foisonnement de dispositifs qui existent actuellement, il s’agit de ne pas surenchérir sans avoir dans un premier temps corrigé les systèmes qui peuvent l’être.

La FAGE estime qu’il est urgent d’améliorer l’accès aux droits sociaux des jeunes, notamment en rendant le RSA accessible aux jeunes de moins de 25 ans. Il y a beaucoup à attendre d’une correction du RSA jeune, en supprimant notamment l’obligation d’avoir travaillé pendant deux ans pour en bénéficier.

L’application à grande échelle du dispositif annoncé par le Premier Ministre semble délicate. Si le CIVIS est l’exemple que suit le gouvernement, il faudra alors développer des critères d’attribution objectifs plutôt que la subjectivité d’un conseiller qui choisit seul s’il accorde une aide ou pas ainsi que le montant de cette dernière. De plus, si le gouvernement souhaite que cette annonce se traduise par une application concrète, il est nécessaire de prévoir un plan de recrutement de personnel au profit des missions locales.

L’esprit d’accompagnement et de suivi du jeune en situation de précarité sont des éléments indissociables du succès de son insertion professionnelle.

La FAGE considère que l’enjeu sociétal pour la jeunesse est de lui donner les moyens de s’épanouir à travers un projet de vie professionnel et personnel. Dans cet esprit ce n’est pas simplement une allocation qui permettra l’insertion ou la réinsertion. Au contraire, c’est une logique d’accompagnement du jeune, sans lui imposer des choix qui ne sont pas les siens, qui permettront son épanouissement et au même titre celui d’une société faisant confiance en sa jeunesse.

La FAGE regrette que la promesse faite par le Président de la République ne se soit pas traduite pas une consultation des organisations de jeunesse.

La FAGE demande que l’annonce de cette mesure se traduise enfin par un projet plus global que ces quelques éléments avancés par le Premier Ministre. Il n’est plus l’heure de feindre une action mais au contraire d’engager une véritable politique ambitieuse et cohérente pour mettre fin à la paupérisation de la jeunesse de notre pays. 

* Crédit photo : AFP

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