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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 23:57

 

  le 13 Décembre 2012

Le grain de sel de Gaëtan Levitre

Qu’attend l’État français pour oser les nationalisations ?

Maire d’Alizay, conseiller général.

 

Les salariés de la papeterie d’Alizay (Eure) ont remporté une victoire exemplaire, et avec eux tous ceux qui les ont accompagnés : les organisations syndicales (CGT et CFE-CGC), le Collectif pour le maintien et le développement de l’emploi mais aussi la population de tout un territoire. Cela faisait trois ans que les salariés luttaient pour préserver leur outil de travail, promis à la démolition par le groupe finlandais M-real. L’usine a été arrêtée ; tout d’abord l’unité de fabrication de pâte, puis la fabrication des ramettes ont cessé. Trois cent trente travailleurs ont été licenciés. Ils ont bataillé, multiplié les actions, de marches pour l’emploi en négociations auprès des ministères. Mais ils ont surtout proposé, à l’instar de leurs camarades de la raffinerie Petroplus (Seine-Maritime), située non loin de là, des pistes économiques pertinentes pour la transformation de leur activité. En matière de stratégie industrielle, on ferait mieux d’écouter les salariés.

Il faut saluer le rôle du conseil général. Si l’État a reculé devant la nationalisation à Florange, l’Eure a porté un projet de « départementalisation » qui a abouti sur cette première : le 10 décembre, le conseil général s’est porté acquéreur de l’usine de papier d’Alizay – une décision unanime. Il s’est fait ainsi l’intermédiaire d’une transaction entre le vendeur (le groupe M-real) et les acheteurs (AA, un groupe thaïlandais, et NeoeN, filiale du groupe Direct Énergie). Il souffle bel et bien comme un vent de victoire sur notre territoire. À terme, près de deux cent cinquante emplois seront créés. La papeterie vivra, même si la vigilance demeure de mise. Cette lutte ne sera vraiment complète que lorsque nous entendrons à nouveau le bruit des machines et que les ouvriers retrouveront leurs postes de travail.

Si nous avons réussi avec succès une “départementalisation”,qu’attend l’État pour oser les nationalisations ? Alizay ne doit pas demeurer l’exception. Une loi M-real obligeant un groupe industriel à vendre un de ses sites dès lors qu’un repreneur crédible est identifié doit être votée très rapidement au Parlement. C’est un engagement qui a été pris par François Hollande lui-même à la papeterie. La réussite de ce combat, j’en suis certain, donnera de l’espoir à toutes celles et tous ceux qui aujourd’hui luttent pour sauvegarder leur outil de travail et leurs emplois, que ce soit chez Petroplus, à Florange ou ailleurs.

 Gaëtan Levitre

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