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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 16:49

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  le 14 Mai 2013

Le PS se met en ordre de retraite

 

De Solferino à l’Élysée, le Parti socialiste justifie aujourd’hui une réforme des retraites dont il critiquait vivement l’esprit, il y a peu.

La méthode est plus douce en apparence, mais le gouvernement Ayrault semble bien marcher sur les pas de son prédécesseur. Ses membres, ses soutiens, et jusqu’au président de la République avaient promis de revenir sur les mesures de Sarkozy, mais l’exécutif envisagerait d’allonger encore la durée de cotisation.

Un certain député socialiste de Corrèze avait déclaré en 2010, en plein mouvement contre la réforme, regretter la pénalisation de « ceux qui sont entrés tôt dans la vie active, qui pouvaient partir à 60 ans, qui avaient tous leurs droits », contraints de travailler « non plus 41 années, mais 42 ans, 43 ans, voire 44 ans » ? Désigné candidat socialiste à l’élection présidentielle, il estimait que seuls ceux « qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans, qui ont fait 41 années de cotisations, 42 ans, pourront partir à 60 ans ». Aujourd’hui, outre la désindexation des retraites, dont la revalorisation ne serait plus calculée en fonction de l’inflation, c’est bien cette voie qui est privilégiée. L’actuel locataire de Matignon n’y trouve rien à redire ?

Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, voyait pourtant dans l’allongement de la durée de cotisation « un signe aux marchés (qui) ne résoudra pas le problème de notre système de retraite de manière durable et équitable ».

L’argument massue utilisé par le gouvernement Fillon pour justifier la réforme est réactualisé par les socialistes. On se pince en entendant l’ancien premier secrétaire Henri Emmanuelli dire que « la biologie fait qu’il faut se poser la question de la durée de cotisation ».

Quant à l’actuelle ministre écologiste Cécile Duflot, on ne l’entend guère répéter son argumentaire de 2010 : « On nous dit : on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps, mais c’est justement parce que l’on travaille moins longtemps que l’on vit plus longtemps. »

À l’époque, Harlem Désir, alors numéro deux du PS, expliquait qu’« une autre réforme des retraites est possible, mettant à contribution les revenus du capital ».

C’était il y a trois ans, en Sarkozye. Autant dire, dans une autre vie.

Grégory Marin

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