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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 21:29

Non à l’austérité permanente !


Refusons le Pacte budgétaire, ouvrons le débat en Europe !

Le président de la République veut faire ratifier au plus vite par

le Parlement le Traité pour la stabilité, la coordination et la

gouvernance (TSCG) de la zone euro, plus connu sous l’intitulé

de « Pacte budgétaire », tel qu’il a été signé par Nicolas

Sarkozy le 25 mars dernier. Pourtant, les faibles mesures « de

croissance » annoncées le 29 mai dernier ne constituent en

rien la « renégociation » promise par le candidat François

Hollande d’un traité qui « ajoute l’austérité à l’austérité ».

Ce Pacte budgétaire aggrave les politiques néolibérales

prônées depuis des années et qui ont mené aux problèmes

actuels de la zone euro. Il représente d’abord une absurdité

économique. En imposant que le « déficit structurel » d’un État

soit inférieur à 0,5 %, il va obliger à des coupes drastiques dans

les dépenses publiques. Il va priver la puissance publique de

moyens indispensables pour mener des politiques permettant

d’engager la transition sociale et écologique. Or nous avons

besoin au contraire de développer et de rénover les services

publics et la protection sociale pour répondre aux nombreux

besoins non satisfaits, réduire les inégalités sociales et réaliser

l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous avons besoin

d’investissements publics considérables pour financer la

transition énergétique, réduire les pollutions, assurer la

reconversion écologique des modes de production et de

consommation, créer des millions d’emplois. L’obligation

d’équilibre budgétaire permanent sera un frein majeur pour

s’attaquer à la crise sociale et écologique.

Dans une Europe où les clients des uns sont les fournisseurs

des autres, cette orientation engagée depuis deux ans amène

aujourd’hui la récession généralisée. Les difficultés de PSA et

d’autres entreprises découlent directement de l’effondrement

de la demande en Europe du Sud. Aujourd’hui le pouvoir

d’achat stagne ou régresse, les entreprises et les collectivités

locales réduisent leurs investissements : dans ce contexte

couper dans les dépenses publiques ne fera qu’aggraver le

chômage. Dès 2013, selon une étude du FMI lui-même,

ramener le déficit de la France à l’objectif de 3% du PIB affiché

par le gouvernement créera automatiquement 300 000

chômeurs de plus. La réduction des recettes fiscales qui en

résultera rendra encore plus difficile la réduction des déficits,

que l'austérité était censée favoriser, « justifiant » ainsi un

nouveau tour de vis, etc.

Économiquement stupide, ce Pacte budgétaire est socialement

insupportable car les « programmes d’ajustement structurel »

aujourd’hui imposés à la Grèce et aux autres pays en difficulté

réduisent les protections, accroissent les inégalités et touchent

le plus durement les populations les plus précaires - femmes,

jeunes, ouvriers, immigré-es. Loin d’éviter aux pays du Nord de

l’Europe de subir le sort de ceux du Sud, ce Pacte entraîne

toute l’Union dans une spirale dépressive qui risque de

généraliser la pauvreté. Ce serait un recul sans précédent

depuis la Seconde Guerre mondiale.

Enfin, ce Pacte budgétaire représente un déni démocratique.

Non seulement il prévoit des sanctions quasi automatiques en

cas de non-respect, mais il marginalise les Parlements

nationaux et européen, et fait de la Commission et de la Cour

européenne de justice, organismes non élus, les juges des

budgets nationaux. Il installe un fédéralisme autoritaire niant la

souveraineté populaire. Il place l’économie en pilotage

automatique, soumise à des normes destinées à rassurer des

marchés financiers dont la puissance n’est pas remise en cause.

Nous ne l’acceptons pas.

Les crises sociale, écologique et financière mondiales

s’aggravent. Elles sont lourdes de dangers comme le montre le

renforcement des extrêmes droites xénophobes et

nationalistes. Ces crises nécessitent une mobilisation de

l’Europe, mais d’une Europe fondée sur la solidarité et la

démocratie, d’une Europe qui se dégage de l’emprise des

marchés financiers. Or le Pacte budgétaire va au contraire

renforcer les contradictions internes à la zone euro et pourrait

mener à son éclatement. Le refus de la France de ratifier ce

traité serait un signal fort envoyé aux autres peuples

européens afin d’ouvrir le débat sur la construction d’une autre

Europe.

C’est pourquoi, nous, les organisations signataires de ce texte

refusons ce Pacte budgétaire qui engage l’avenir. Nous

demandons qu’un large débat démocratique ait lieu afin que

les citoyen-es puissent s’emparer de ce sujet décisif et se

prononcer à son propos. Nous voulons mettre le Président de

la République, son gouvernement, les parlementaires devant

leurs responsabilités.

Pour créer ce débat démocratique, nous appelons à renforcer

les collectifs locaux déjà existants - notamment ceux pour

l’audit citoyen de la dette publique -, à en créer de nouveaux

le cas échéant ; nous organiserons ensemble une série de

débats publics dans toute la France ; nous nous adresserons

et inviterons les citoyens à s'adresser à chaque député et

sénateur de la majorité parlementaire, et nous organiserons

des manifestations dont une grande manifestation unitaire à

Paris le dimanche 30 septembre. Un comité d’organisation se

met immédiatement en place pour assurer le succès de ces

initiatives.

Premiers signataires (1) :

Aitec-IPAM, AC !, ANECR, Attac, CADTM, Cedetim-IPAM, CDDSP, CNDF, Les Économistes Atterrés, Fondation Copernic, Front de gauche : Parti communiste français - Parti de gauche - Gauche unitaire - FASE - République et Socialisme - PCOF - Convergence et Alternative,

Gauche anticapitaliste, Les Alternatifs, Marches Européennes, NPA, Résistance Sociale,

Solidaires, Sud BPCE.

(1) Toutes les organisations syndicales, associatives et politiques progressistes qui le souhaitent peuvent rejoindre les premiers

signataires. Pour en savoir plus : www.audit-citoyen.org ou contact@audit-citoyen.org.

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